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jeudi 26 septembre 2013

Inventaire "ours" : à Pagny-le-Château, septembre 2013.



En étudiant le programme des journées du patrimoine 2013, j’ai remarqué que la chapelle castrale de Pagny-le-Château (Côte d'Or) serait exceptionnellement ouverte à cette occasion.

J’avais plusieurs fois contacté les propriétaires pour observer les ours des tombeaux, mais je n’avais pas obtenu de réponse.




Du château détruit en 1774, il n’existe plus rien, qu’une partie des dépendances actuellement transformées en chambre d’hôtes.
Mais la chapelle est bien là ! Fondée en 1297 par Philippe de Vienne, elle fut reconstruite à la fin du 15°siècle ou au début du 16° pour Gérard de Longwy. Elle reçut un décor renaissance comprenant le portail sculpté daté 1533, le clocheton de la façade et les chapiteaux historiés de la nef.




Au 19°siècle,  une grande partie de son décor sculpté et de son mobilier disparut : aujourd'hui, on retrouve les pièces les plus importantes au musée de Philadelphie et au musée du Louvre. On peut toujours cependant y admirer les tombeaux de Jean de Vienne, Jeanne de Vienne et Jean de Longwvy.

Le tombeau de Jean de Vienne, général et amiral de France, né à Dole (Jura) en 1341 et mort à Nicopolis (Bulgarie) en 1396, est dans la chapelle, car il habita durant de longues années dans l'ancien château fort de Pagny-le-Château.
Jean de Vienne est le premier marin français à avoir conçu et mis en œuvre une véritable stratégie navale. De nombreux bâtiments de la marine française ont porté son nom.
Sous un enfeu, on peut encore déchiffrer son épitaphe : CY GIST NOBLE BARON MESS[IR]E IEHAN DE VIANE / CH[EVAL]IER, SEIGN[EUR] DE PAIGNY ET DE BIGNAN, QUI TREPASSA / AUDIT BIGNAN LA VEILLE DES BORDES / L AN MIL CCC XXXV.
Le tombeau et les armoiries sont en calcaires blanc et jaune et datent du milieu XVe et 2e quart du XVIe s. Il a été classé Monument Historique le 7 mars 1919, en même temps que celui de Jean de Longwy et son épouse.
Le gisant est très dégradé, mais on reconnait bien le singe qui lui tourne le dos, et qui tient un cochon entre ses pattes...






Le tombeau qui m’intéresse est celui qui soutient les gisants de Jean de Longvy, mort en 1462, et de Jeanne de Vienne, morte en 1472, seigneurs de Pagny-le-château. Il est en albâtre, marbre noir et calcaire.






L’épitaphe dit : CY GIST MESSIRE JEHAN DE LONGVY, QUI TRESPASSA LE VINGT DEUX[IESM]E JOUR DE JANVIER L'AN MIL QUATRE CENT SOIXANTE ET DEUX. CY GIST JEHANNE DE VIENNE, LAQ[UE]LLE TREPASSA LE VIIE JOUR DE SEPTE[M]B[R]E L'AN M CCCC LXX II.







Quatre ours, sculptés par deux face-à-face tiennent un écu surmonté d’un heaume, lui-même surmonté d’une forme féminine, identifiée par le guide comme la vierge.
Ces sculptures sont en très mauvais état, mais bien reconnaissables.
Que font-ils là ? Impossible de trouver une relation entre les personnages et l'ours.





Avant de partir, un salut à l'ours de la gargouille, indiqué sur la documentation proposée par le guide*, mais est-ce vraiment un ours ?

*  Livre : "Le Val de Saône Bourguignon, Pagny-le-Château et sa chapelle à travers les siècles" de Emmanuel Journe.



Voici les précisions apportées par Romain, que je remercie :
« En revanche je ne peux me retenir de noter une erreur. Vous faites du gisant surmonté du singe celui de Jean de Vienne, amiral de France. Or il s'agit là du gisant d'un autre Jean de Vienne, dit "à la longue barbe", seigneur de Pagny et Bignan. L'amiral de France, son parent et homonyme est quant à lui bien mort à Nicopolis mais fut enterré non pas à Pagny mais à l'abbaye de Bellevaux en Haute-Saône à laquelle il fit une important donation en 1385.
La confusion est courante, tant les patronymes Jean, Guillaume, Hugues et Philippe foisonnent au sein de la famille de Vienne ! »